Diriger un commerce, un restaurant ou un hôtel implique déjà de jongler avec de nombreuses obligations : gestion des équipes, relation client, marges serrées, saisonnalité… Dans ce contexte, suivre les évolutions fiscales peut vite devenir complexe.
Pourtant, la loi de finances pour 2026 introduit plusieurs mesures qui concernent directement les professionnels du commerce, de la distribution et de l’hôtellerie-restauration. Certaines sont favorables aux entreprises, d’autres modifient certaines taxes existantes.
Voici les principaux points à connaître pour anticiper sereinement l’année 2026.
Pourboires : l’exonération prolongée
Bonne nouvelle pour les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Le régime favorable applicable aux pourboires est prolongé.
Depuis 2022, les pourboires versés volontairement par les clients aux salariés en contact avec la clientèle peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu et de charges sociales. Ce dispositif devait initialement prendre fin en 2025.
La loi de finances pour 2026 prolonge ce mécanisme jusqu’en 2028 dans les mêmes conditions.
Pour en bénéficier, deux critères principaux doivent être respectés. Le pourboire doit être versé volontairement par le client au salarié et la rémunération du salarié ne doit pas dépasser 1,6 fois le SMIC.
Concrètement, cette mesure reste un levier pour améliorer l’attractivité des métiers en contact avec la clientèle, notamment dans la restauration et l’hôtellerie.

Logiciels de caisse : retour de l’attestation des éditeurs
Les logiciels de caisse sont un autre sujet important pour les commerces et les restaurants. Ces outils doivent garantir la fiabilité des données enregistrées, notamment pour lutter contre la fraude à la TVA.
Depuis plusieurs années, les logiciels doivent répondre à quatre principes : inaltérabilité des données, sécurisation, conservation et archivage.
La loi de finances pour 2025 avait supprimé la possibilité pour les éditeurs de logiciels de fournir une simple attestation de conformité. Seule une certification par un organisme accrédité devait être admise.
Cette règle a finalement été assouplie. La loi de finances pour 2026 rétablit la possibilité pour les éditeurs de délivrer une attestation individuelle de conformité.
Pour les entreprises, cela signifie davantage de souplesse dans le choix des logiciels tout en maintenant les exigences de sécurisation des données.
Une nouvelle taxe sur les petits colis importés
Autre mesure qui concerne particulièrement le secteur du commerce et de la distribution : la création d’une taxe sur les petits colis importés.
À partir du 1er mars 2026, une taxe forfaitaire de 2 euros sera appliquée aux envois de marchandises d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros provenant de pays hors Union européenne.
Cette mesure vise notamment à rééquilibrer la concurrence avec certaines plateformes internationales qui expédient de nombreux petits colis vers la France.
Cette taxe est prévue comme temporaire et pourrait être remplacée par un dispositif européen.
Taxe de séjour : ajustement des modalités de perception
Les hébergements touristiques sont également concernés par quelques ajustements.
La taxe de séjour, déjà bien connue des professionnels de l’hôtellerie, des résidences de tourisme ou des chambres d’hôtes, voit ses modalités de recouvrement évoluer.
La loi de finances pour 2026 précise notamment les règles de perception des taxes additionnelles qui peuvent s’y ajouter. Pour les exploitants d’hôtels ou d’hébergements touristiques, cela implique parfois une adaptation des systèmes de gestion ou de réservation.
Friches commerciales et fiscalité des grandes surfaces
Deux autres mesures concernent davantage les propriétaires ou exploitants de locaux commerciaux.
D’abord, les communes disposent désormais d’une possibilité élargie d’instaurer une taxe sur les friches commerciales. Cette taxe vise les locaux commerciaux inexploités depuis au moins deux ans. Elle peut désormais être ciblée sur certains secteurs en cours de revitalisation, notamment dans les centres-villes.
Ensuite, la méthode de calcul de la valeur locative cadastrale de certains grands magasins spécialisés dans les produits agricoles évolue. Les surfaces extérieures utilisées pour la vente pourront être pondérées différemment, ce qui peut réduire la base d’imposition pour certains établissements.
Anticiper les évolutions fiscales
Les évolutions fiscales introduites en 2026 ne bouleversent pas l’ensemble du cadre fiscal des entreprises, mais elles peuvent avoir un impact concret sur certains secteurs.
Pour les dirigeants de commerces, de restaurants ou d’hôtels, l’enjeu est surtout d’anticiper ces changements et de vérifier leurs conséquences sur la gestion quotidienne de l’entreprise.
Chez Alliés Conseils, nous accompagnons régulièrement des dirigeants dans l’analyse de ces évolutions fiscales et dans leur mise en œuvre concrète. Notre objectif est simple : transformer ces obligations en décisions éclairées pour votre entreprise.
Si vous souhaitez faire le point sur l’impact de ces mesures pour votre activité, un échange avec notre cabinet peut vous aider à y voir plus clair.



